Sénégal : Ousmane Sonko élu président de l’Assemblée nationale
Trois jours seulement après avoir été limogé de son poste de Premier ministre par le président Bassirou Diomaye Faye, Ousmane Sonko a été élu ce mardi président de l’Assemblée nationale du Sénégal avec 132 voix sur 165. Un rebond fulgurant qui illustre la puissance politique intact du leader du Pastef, et qui inaugure une nouvelle configuration institutionnelle inédite au Sénégal.
L’histoire politique africaine retiendra cette reconversion spectaculaire. Lundi, Ousmane Sonko était renvoyé de la primature par le président Bassirou Diomaye Faye, dans un contexte de tensions croissantes entre les deux têtes de l’exécutif sénégalais. Ce mardi, il siège au perchoir de l’Assemblée nationale, élu président de la chambre législative avec 132 voix sur 165 députés.
Un retournement de situation en 72 heures qui dit tout de la force politique du leader du Pastef et de sa capacité à transformer une défaite apparente en tremplin vers une nouvelle forme de pouvoir.
Une victoire acquise d’avance
Le résultat n’a surpris personne. Le Pastef dispose d’une majorité écrasante à l’Assemblée nationale, avec 132 des 165 sièges, suite à sa victoire aux législatives de novembre 2024. Le score de l’élection au perchoir 132 voix sur 165 correspond exactement au nombre de députés Pastef. Une démonstration de discipline et de cohésion de la base parlementaire du mouvement.
Sous les applaudissements d’une Assemblée largement acquise à sa cause, Ousmane Sonko a d’abord été réintégré en tant que député, avant d’être élu à la présidence de la chambre. Un double acte symbolique, salué par ses partisans comme une victoire de la démocratie.
Diomaye nomme un remplaçant à la primature
Pendant ce temps, le président Bassirou Diomaye Faye a nommé lundi un nouveau Premier ministre en la personne d’Ahmadou Al Aminou Lô, ancien cadre de la Banque Centrale des États d’Afrique de l’Ouest (BCEAO). Un profil technocratique qui contraste avec la stature politique de son prédécesseur, et qui suggère une volonté présidentielle de reprendre la main sur l’exécutif.
La nouvelle configuration sénégalaise est inédite. D’un côté, un président de la République qui vient de limoger son Premier ministre. De l’autre, ce même Premier ministre limogé qui dirige désormais le Parlement, à la tête d’une majorité qui peut potentiellement faire obstruction à toute initiative présidentielle.
Le Sénégal entre dans une période institutionnelle complexe, où le dialogue entre l’exécutif et le législatif sera, plus que jamais, déterminant pour la stabilité du pays.
Sonko, plus fort que jamais
Pour Ousmane Sonko, cette élection à la présidence de l’Assemblée nationale est bien plus qu’une consolation. C’est une démonstration de force. Son inéligibilité pour 2029 le prive certes de la présidentielle, mais à la tête du premier parti du pays et du Parlement, il conserve une influence considérable sur la vie politique sénégalaise.
Le divorce Diomaye-Sonko, consommé lundi, n’a pas affaibli le second. Il l’a simplement déplacé. Et depuis le perchoir de l’Assemblée, Ousmane Sonko continuera d’écrire son histoire.

