Lutte contre le paludisme au Bénin : Speak Up Africa et la Fondation Reine Adjignon Natabou à l’offensive dans le Couffo
À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme, une délégation de Speak Up Africa s’est rendue, le samedi 25 avril 2026, à Toviklin, dans le département du Couffo, pour évaluer les actions menées par la Fondation Reine Adjignon Natabou. Cette visite de terrain vise à renforcer la mobilisation communautaire et institutionnelle, en mettant en avant le rôle stratégique des femmes dans l’élimination du paludisme.
Rejoignez dès maintenant la communauté TRIOMPHE MAG sur WhatsApp et restez informé(e) en temps réel de toute l’actualité.
👉 Cliquez ici pour intégrer notre chaîne : TRIOMPHE MAG
Dès les premières heures de la matinée, l’engagement est palpable. Dans l’enceinte de la Fondation Reine Adjignon Natabou (FRAN), acteurs communautaires, autorités locales, partenaires techniques et médias se réunissent autour d’un objectif commun : faire reculer durablement le paludisme, première cause de consultation et d’hospitalisation au Bénin. Cette visite de terrain initiée par Speak Up Africa s’inscrit dans une dynamique plus large de plaidoyer et d’action concrète en faveur de l’élimination de la maladie.
Au cœur de cette initiative, un projet ambitieux qui mise sur une approche participative et inclusive. Ici, les communautés ne sont pas de simples bénéficiaires, mais des actrices à part entière du changement. Consultations locales, formations ciblées, co-construction de plans d’action : chaque étape a été pensée pour renforcer l’appropriation des stratégies de lutte par les populations elles-mêmes.
L’un des piliers de ce programme repose sur le renforcement du leadership féminin. Vingt femmes leaders, issues de milieux variés religieux, traditionnels et communautaires – ont bénéficié d’un accompagnement spécifique pour devenir des relais efficaces dans la sensibilisation et la mobilisation sociale. Une stratégie qui, sur le terrain, commence déjà à porter ses fruits.
Un levier décisif dans la lutte communautaire
Dans la salle de conférence de la fondation, les témoignages s’enchaînent, illustrant l’impact concret du projet. Certaines participantes racontent comment elles ont réussi à convaincre des familles d’adopter des comportements préventifs, notamment l’utilisation systématique des moustiquaires imprégnées et le recours précoce aux soins en cas de symptômes.
Reine Adjignon Natabou, figure centrale de cette initiative, n’a pas manqué de réaffirmer la détermination de sa fondation. Elle insiste sur la nécessité d’intensifier les actions de sensibilisation, en particulier auprès des femmes, souvent en première ligne dans la gestion de la santé familiale. Pour elle, renforcer le leadership communautaire est une condition essentielle pour réduire durablement l’impact du paludisme et promouvoir une société plus équitable.
« La Fondation s’illustre par la sensibilisation des femmes et un renforcement du leadership communautaire pour réduire durablement l’impact du paludisme et promouvoir un environnement plus équitable »
Speak Up Africa maintient la dynamique
Du côté de Speak Up Africa, le constat est également encourageant. Yacine Djibo salue les efforts déployés sur le terrain et souligne l’importance de maintenir la dynamique. Si les avancées sont notables, elle rappelle toutefois que le chemin vers l’élimination du paludisme reste semé d’embûches et nécessite une mobilisation accrue à tous les niveaux.
A lire aussi : Bénin : forte mobilisation à Cotonou pour accélérer l’élimination du paludisme d’ici 2030
Les autorités locales présentes à cette rencontre abondent dans le même sens. Constant Namahun appelle à une synergie renforcée entre les différents acteurs, tandis que Clotilde Dansiga met en lumière les résultats tangibles des formations reçues. Selon elle, ces renforcements de capacités ont permis d’améliorer significativement la qualité des interventions, avec des effets visibles jusque dans les centres de santé.
Après la session de Toviklin, la délégation met le cap sur Klouékanmè pour une immersion au cœur du système de santé local. À l’hôpital de zone de Klouékanmè, le personnel soignant présente les dispositifs mis en place pour la prise en charge du paludisme. Tests de diagnostic rapide, traitements adaptés, sensibilisation des patients : autant d’actions qui témoignent des efforts consentis pour améliorer la réponse sanitaire. Mais sur place, les défis restent visibles.
Le manque de ressources, les difficultés d’accès aux soins pour certaines populations et les retards dans la consultation continuent de freiner l’efficacité des interventions. Des contraintes que les acteurs locaux tentent de surmonter avec les moyens du bord, souvent grâce à l’appui des partenaires.
Une visite de terrain qui affiche les réalités du terrain
Cette visite de terrain permet ainsi de mesurer l’écart entre les ambitions affichées et les réalités du terrain. Elle montre que la lutte contre le paludisme ne peut être gagnée sans une articulation efficace entre les communautés et les structures de santé.
Dans les échanges avec les agents de santé, le point de l’importance de la prévention revient avec insistance. Si les traitements existent et sont efficaces, éviter la maladie reste la stratégie la plus durable. D’où la nécessité de renforcer les campagnes de sensibilisation et d’impliquer davantage les leaders communautaires.
Une caravane motorisée pour sillonner les localités
La caravane motorisée organisée dans le cadre du projet illustre cette volonté de proximité. En sillonnant les localités, elle permet de toucher directement les populations, de transmettre des messages clés et de susciter une prise de conscience collective.
Au fil de la journée, une conviction se dégage : la lutte contre le paludisme est avant tout une bataille sociale. Elle se joue dans les foyers, dans les habitudes quotidiennes, dans la capacité des communautés à s’approprier les messages de prévention.
En mettant l’accent sur les femmes, ce projet adopte une approche stratégique. Car ce sont elles qui, bien souvent, veillent sur la santé des enfants, gèrent les soins au sein des familles et influencent les comportements. Leur donner les moyens d’agir, c’est multiplier les chances de succès.
À l’heure du bilan, les résultats observés dans le Couffo offrent des raisons d’espérer. L’amélioration des connaissances sur le paludisme, l’implication accrue des autorités locales et le renforcement du leadership féminin constituent des avancées significatives.
Mais pour les acteurs engagés dans cette lutte, l’heure n’est pas à l’autosatisfaction. Les efforts doivent être poursuivis, amplifiés et soutenus dans la durée. Car l’élimination du paludisme ne se décrète pas : elle se construit, patiemment, à travers des actions coordonnées et une mobilisation constante.
En quittant Klouékanmè en fin de journée, la délégation repart avec une vision plus claire des enjeux. Entre progrès réalisés et défis persistants, une certitude demeure : c’est en combinant engagement communautaire et renforcement des systèmes de santé que le Bénin pourra espérer venir à bout du paludisme.
Dans le Couffo, cette dynamique est déjà en marche. Reste désormais à la consolider et à l’étendre, pour que l’espoir suscité sur le terrain se transforme, à terme, en victoire durable contre la maladie.
Rejoignez dès maintenant la communauté TRIOMPHE MAG sur WhatsApp et restez informé(e) en temps réel de toute l’actualité.
👉 Cliquez ici pour intégrer notre chaîne : TRIOMPHE MAG

