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Enregistrement des naissances au Bénin : le guichet unique de l’ANIP fait bondir le taux de 21,95 % à 76,56 % en six mois

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La réforme du guichet unique de déclaration et d’enregistrement des naissances, lancée le 20 août 2025 dans dix formations sanitaires pilotes, par l’Agence Nationale d’Identification des Personnes (ANIP), a profondément transformé les indicateurs de l’état civil. En six mois, le taux d’enregistrement est passé de 21,95 % à 76,56 %, selon le rapport présenté le 24 février 2026 par  l’Agence Nationale d’Identification des Personnes (ANIP), en collaboration avec le ministère de la Santé et l’appui du projet WURI.

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La procédure classique imposait trois étapes notamment la naissance, la déclaration dans une formation sanitaire, puis le déplacement vers un centre ANIP pour l’enregistrement. Le guichet unique, introduit en phase pilote le 20 août 2025, a été conçu pour supprimer cette rupture et rapprocher le service du citoyen. 

Cette réforme s’inscrit dans une dynamique plus large de digitalisation des services publics engagée par le Bénin depuis plusieurs années. Avec la modernisation du système d’état civil et la mise en place du Registre National des Personnes Physiques (RNPP), l’ANIP a progressivement posé les bases d’une administration numérique interconnectée. 

Le guichet unique est donc l’aboutissement logique de cette transformation digitale. Il permet non seulement la déclaration et l’enregistrement des naissances directement dans les formations sanitaires, mais ouvre également la voie à un traitement désormais dématérialisé et accessible en ligne. 

Le rapport présenté lors de l’atelier Bilan de la Phase Pilote du Guichet Unique de Déclaration et d’Enregistrement des Naissances du 20 août 2025 – 20 février 2026 et dont TRIOMPHE MAG a reçu copie, indique qu’en moins de 48 heures, les parents peuvent recevoir le Numéro Personnel d’Identification (NPI) de l’enfant par SMS et effectuer, si nécessaire, les démarches complémentaires à distance, sans se déplacer. 

Six mois plus tard, les résultats sont sans équivoque. Le taux d’enregistrement dépasse 76 %, démontrant l’impact mesurable de cette réforme sur le système d’état civil.

Les données consolidées de 2021 à 2024 montrent une rupture structurelle au niveau national :

AnnéeMoyenne des naissances déclaréesMoyenne des naissances enregistréesTaux d’enregistrement
2021- 20242 336 795885 17337,9 %
2025  – août 2025489 618107 45121,95 %

En effet, en 2025, les chiffres ont atteint un seuil critique. Sur 489 618 naissances déclarées, seulement 107 451 ont été enregistrées, soit un taux de 21,95 %. Autrement dit, près de huit enfants sur dix restent juridiquement invisibles. Une anomalie que les données ont permis de diagnostiquer avec précision.

Une lecture des données qui révèle une rupture structurelle

L’analyse longitudinale des données entre 2021 et 2025 met en évidence une tendance lourde. Selon le bilan dévoilé par l’ANIP en février 2026, sur 2 336 795 naissances déclarées, seulement 885 173 ont été enregistrées, soit un taux moyen de 37,9 %. Mais cette moyenne cache une dégradation progressive du système.

En croisant les indicateurs de déclaration et d’enregistrement, une rupture apparaît clairement dans la chaîne de traitement. Le modèle en vigueur imposait une séquence en quatre temps : naissance, déclaration, déplacement vers un centre ANIP, puis enregistrement. C’est ce déplacement, identifié comme variable critique, qui constituait le principal frein.

 « Le problème n’était pas la volonté des parents. Il était organisationnel. », a reconnu le Directeur général de l’Agence Nationale d’Identification des Personnes (ANIP), Aristide Adjinakou Gnahoui, lors de l’atelier bilan en février 2026.

Transformer le modèle plutôt que l’ajuster

Face à ce diagnostic, l’ANIP a opté pour une réforme structurelle. Le 20 août 2025, un dispositif pilote de guichet unique est déployé dans dix formations sanitaires réparties sur le territoire national.

L’objectif est d’intégrer la déclaration et l’enregistrement des naissances au même endroit, immédiatement après l’accouchement. En supprimant la nécessité de déplacement, la réforme élimine la principale barrière identifiée par les données.

Ce changement de paradigme s’inscrit dans une logique d’optimisation des parcours usagers. Pour le DG de l’ANIP, il ne s’agit plus d’adapter les citoyens au système, mais d’adapter le système aux citoyens.

Une progression spectaculaire des indicateurs

Les résultats observés entre le 20 août 2025 et le 20 février 2026 confirment la pertinence de cette approche. Le taux d’enregistrement des naissances dans les formations sanitaires pilotes atteint 76,56 %.

Cette évolution peut être interprétée comme une croissance rapide du taux d’enregistrement sur une période de six mois. Le taux a ainsi été multiplié par plus de trois en un semestre. Une performance rare dans le domaine des politiques publiques, où les évolutions sont généralement progressives.

Derrière cette progression spectaculaire des indicateurs, les parents bénéficiaires du dispositif témoignent d’un changement concret dans leur quotidien. « Après mon accouchement, on m’a expliqué que tout pouvait se faire ici même à l’hôpital. Je n’ai plus eu besoin de retourner dans un centre ANIP comme pour mon premier enfant. En moins de deux jours, j’ai reçu le numéro d’identification de mon bébé par SMS. Cela m’a beaucoup soulagée, surtout avec les dépenses et les déplacements que cela évite », confie Aïssatou S., jeune mère rencontrée dans l’une des formations sanitaires pilotes à Cotonou.

Même soulagement chez Koffi A., père de famille à Abomey-Calavi. « Pour notre premier enfant, nous avions mis plusieurs semaines avant d’obtenir l’acte de naissance à cause des formalités. Cette fois-ci, avec le guichet unique, tout a été fait dès la naissance. C’est rassurant de savoir que notre enfant existe officiellement dans le système dès ses premiers jours. », a-t-il salué . Ces témoignages illustrent l’impact humain de la réforme, au-delà des chiffres et des performances statistiques.

Données avant la réforme (2025)

  • 489 618 naissances déclarées
  • 107 451 naissances enregistrées
  • Taux : 21,95 %
  • Déplacement obligatoire vers ANIP

Données après la réforme (phase pilote)

  • Intégration déclaration + enregistrement
  • Traitement sur site dans les centres de santé
  • Taux : 76,56 %
  • Suppression du déplacement

Une amélioration qualitative des données collectées

Au-delà du volume, la réforme améliore également la qualité des données. Plus de 96 % des enfants enregistrés disposent d’une reconnaissance de paternité formalisée.

Ce chiffre est déterminant. Il signifie que la majorité des enregistrements sont complets sur le plan juridique, ce qui renforce la fiabilité de l’état civil.

Le Registre national des personnes physiques (RNPP) bénéficie directement de cette réforme. Les données issues de la phase pilote et disponibles dans le rapport de l’ANP indiquent 30 160 mises à jour de numéros, 12 182 signatures capturées et 798 portraits enregistrés.

Ces chiffres traduisent un enrichissement significatif de la base nationale. Le guichet unique devient ainsi un point d’entrée stratégique pour l’identification numérique des naissances au Bénin.

L’un des apports majeurs de cette expérience réside dans l’utilisation des données comme outil de pilotage. Le processus suit une logique claire de Diagnostic (identification de la rupture dans la chaîne d’enregistrement), d’Expérimentation (mise en place d’un pilote dans 10 formations sanitaires), d’Évaluation (mesure de l’impact sur les indicateurs clés) et de Décision (préparation du passage à l’échelle nationale).

Les données opérationnelles collectées confirment également les gains d’efficacité avec un délai moyen de déclaration d’environ 6 jours, plus de 95 % des enregistrements dans les délais légaux et la réduction significative des rejets après correction. Des indicateurs qui traduisent une amélioration du fonctionnement interne du système, en plus de l’impact sur les usagers.

Des défis identifiés grâce aux données

L’approche data permet également d’identifier les limites du dispositif. Parmi les principales difficultés relevées il y a des ruptures de formulaires, des doublons dans les bases de données, des contraintes liées aux équipements mobiles et l’absence de NPI chez certains parents. Selon Herbert ASSOGBA, Responsable des politiques, des partenariats et de la communication multicanale à l’ANIP, des mesures correctives ont été mises en œuvre, notamment l’impression de 500 000 formulaires et le suivi régulier des identifiants.

Comme l’a rappelé la représentante de l’UNICEF au Bénin, Julie Dubois, le guichet unique modernise l’Etat civile au Bénin, garantit le droit à l’identité, l’accès aux services sociaux (santé, éducation) et la protection dès la naissance. « Sans identité légale, un enfant risque de rester invisible ou exclu des politiques publiques. », a-t-elle déclaré. Et mieux, elle soutient que la réforme du guichet unique s’inscrit ainsi dans l’objectif de développement durable 16.9, visant à garantir une identité juridique pour tous.

En six mois, le Bénin a démontré qu’une réforme ciblée, fondée sur les données, peut produire des résultats rapides et mesurables. Le passage de 21,95 % à 76,56 % ne relève pas du hasard. Il est le fruit d’une analyse rigoureuse, d’une expérimentation contrôlée et d’une mise en œuvre efficace.

Cet article WanaData a été soutenu par Code for Africa et la Digital Democracy Initiative dans le cadre du projet Digitalise Youth, financé par le Partenariat Européen pour la Démocratie (EPD).

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