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Bénin – Affaire Dangnivo : Codjo Cossi Alofa est mort en détention après sa condamnation à 30 ans de prison

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Codjo Cossi Alofa, condamné le 22 juillet 2026 à 30 ans de réclusion criminelle pour l’assassinat de Pierre Urbain Dangnivo, est décédé ce lundi 26 octobre 2026 à l’âge de 41 ans, après un accident vasculaire cérébral (AVC). De son arrestation en 2010 à sa condamnation, en passant par ses aveux contestés, son évasion de prison en 2015 et ses déclarations controversées à la barre, son parcours aura été marqué par de nombreux rebondissements dans l’une des affaires judiciaires les plus retentissantes du Bénin.

Le dossier Dangnivo connaît ainsi un nouvel épisode avec la mort de l’un de ses principaux protagonistes. Détenu à la maison d’arrêt de Cotonou, Codjo Alofa aurait été victime d’un AVC aux environs de 5 heures du matin. Pris en charge à l’infirmerie de la prison, il a été transféré au Centre national hospitalier universitaire (CNHU) de Cotonou, où son décès aurait été constaté vers 7 heures.

Sa disparition intervient un peu plus de trois mois après sa condamnation par le tribunal de première instance de Cotonou. Le 22 juillet 2026, la juridiction l’a reconnu coupable de l’assassinat de Pierre Urbain Dangnivo et lui a infligé une peine de 30 ans de réclusion criminelle. Dans la même affaire, Donatien Amoussou, son coaccusé, a été acquitté. Le procès s’était achevé dans un climat de tension, marqué notamment par le retrait des avocats de la défense avant le prononcé du verdict.

De la disparition de Dangnivo aux premiers aveux

Tout commence le 17 août 2010 avec la disparition de Pierre Urbain Dangnivo, cadre du ministère de l’Économie et des Finances. Alors que ses proches recherchent sa trace, l’enquête conduit les autorités à s’intéresser à Codjo Alofa et à Donatien Amoussou. Alofa, qui affirme avoir été arrêté dans une affaire de vol de moto, se retrouve rapidement au cœur de la procédure judiciaire ouverte autour de la disparition du fonctionnaire.

Le 27 septembre 2010, un corps est exhumé au domicile d’Alofa, à Womey, dans la commune d’Abomey-Calavi. L’identification de la dépouille suscite alors des contestations, notamment de la part de la famille Dangnivo. Des années plus tard, lors du procès de mars 2025, des biologistes et un médecin légiste présentent à la barre les résultats de leurs analyses. Les expertises génétiques établissent un lien entre le corps retrouvé et les enfants de Pierre Urbain Dangnivo, tandis que les constatations médico-légales font état de lésions compatibles avec une mort violente.

Au début de la procédure, Codjo Alofa reconnaît les faits qui lui sont reprochés. Mais ses déclarations évoluent par la suite. Il revient sur ses aveux et conteste son implication dans l’assassinat. Sa défense soutient notamment qu’il se trouvait en garde à vue au moment de la disparition de Dangnivo. Ces revirements deviennent l’un des principaux points de controverse du dossier.

L’évasion de 2015, un rebondissement majeur

En février 2015, alors qu’il est détenu à la prison d’Akpro-Missérété, Alofa s’évade dans des circonstances qui resteront au centre des débats judiciaires. Son absence déclenche des recherches qui aboutissent à son arrestation à Lomé, au Togo, en mars de la même année. Il est ensuite ramené au Bénin pour la poursuite de la procédure.

Lors des audiences, Alofa conteste avoir organisé cette évasion. Selon sa version, des hommes cagoulés seraient venus le chercher dans sa cellule avant de le conduire vers la frontière togolaise. Il affirme avoir été abandonné à Hillacondji avec 50 000 FCFA et avoir été invité à rester au Togo. Il soutient être ensuite retourné auprès de la police togolaise. Cette version a été confrontée à d’autres témoignages, notamment celui du colonel Enock Laourou, qui a évoqué les circonstances de son interpellation à Lomé.

L’épisode de l’évasion ajoute une nouvelle dimension à une affaire déjà marquée par les contradictions entre les premières déclarations de l’accusé et ses positions ultérieures. La procédure se poursuit au fil des années, tandis que la durée de sa détention fait également l’objet de contestations. Le 23 janvier 2020, la Cour constitutionnelle se prononce sur une violation du droit à un procès équitable liée à la durée excessive de la détention, selon les comptes rendus de presse.

À la barre, Alofa dénonce des aveux dictés

La reprise des audiences en mars 2025 permet à Codjo Alofa de développer davantage sa version des faits. Il affirme ne pas avoir connu Pierre Urbain Dangnivo et soutient que ses aveux initiaux lui auraient été dictés. Selon ses déclarations, il aurait accepté d’endosser la responsabilité de l’assassinat en échange d’une promesse d’argent et d’une libération rapide.

Devant le tribunal, il évoque notamment une somme de 25 millions de FCFA qui lui aurait été promise, ainsi qu’une libération après quatre mois de détention. Il met en cause des personnes qu’il présente comme des intermédiaires dans cette affaire. Ces accusations, formulées par l’accusé à la barre, doivent toutefois être distinguées des faits judiciairement établis : leur évocation au cours du procès ne suffit pas à prouver leur véracité.

Les audiences sont également marquées par des débats sur les circonstances de son arrestation en août 2010, la chronologie des actes de procédure et les témoignages recueillis au cours de l’enquête. Des témoins sont entendus et des pièces sont examinées, tandis que la défense conteste certains éléments du dossier. Les expertises relatives au corps retrouvé à Womey constituent, de leur côté, un élément majeur des débats sur l’identité de la victime.

Trente ans de réclusion criminelle, Amoussou acquitté

Après plusieurs renvois, le procès reprend en juin 2026. Le ministère public requiert une peine de 30 ans de réclusion criminelle contre Alofa, estimant que les éléments réunis au dossier permettent de retenir sa culpabilité dans l’assassinat de Dangnivo. Le 22 juillet 2026, le tribunal prononce sa condamnation à la peine requise et acquitte Donatien Amoussou.

Le verdict intervient après le retrait des avocats de la défense, qui dénoncent notamment des difficultés d’accès à certaines pièces du dossier. La décision judiciaire met fin à cette phase du procès, après près de seize années de procédure depuis la disparition de Pierre Urbain Dangnivo. Elle ne fait toutefois pas disparaître les controverses qui ont accompagné les investigations, les aveux initiaux, leur rétractation et les débats sur les circonstances de l’évasion.

Le tribunal ordonne également la restitution des restes de Pierre Urbain Dangnivo à sa famille pour inhumation. Le sort judiciaire des deux accusés diverge donc nettement : Alofa est condamné, tandis qu’Amoussou est acquitté.

La mort d’Alofa, un nouveau chapitre dans l’affaire Dangnivo

Le décès de Codjo Cossi Alofa, survenu ce lundi 26 octobre 2026 après un AVC, intervient alors qu’il purgeait sa peine à la maison d’arrêt de Cotonou. Âgé de 41 ans, il laisse derrière lui un parcours judiciaire qui aura traversé plusieurs étapes : arrestation, aveux, rétractation, évasion, arrestation au Togo, comparutions successives et condamnation.

Sa mort constitue un nouvel événement dans le dossier Dangnivo, sans effacer les interrogations et les controverses qui ont jalonné cette affaire. Les déclarations faites par Alofa à la barre, les accusations qu’il a formulées contre des tiers et les éléments présentés par les experts ont contribué à faire de ce procès un dossier particulièrement suivi par l’opinion publique béninoise.

Seize ans après la disparition de Pierre Urbain Dangnivo, l’affaire demeure associée à une longue quête de vérité judiciaire. La condamnation d’Alofa et l’acquittement d’Amoussou constituent l’issue du jugement rendu le 22 juillet 2026. La mort du condamné vient désormais s’ajouter à l’histoire de cette affaire qui a marqué durablement la vie judiciaire et politique du Bénin.

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