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Bénin : 4 453 enfants en situation de rue et de mendicité recensés

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Entre janvier 2019 et juin 2026, 4 453 enfants en situation de rue et de mendicité ont été recensés dans les départements du Borgou, de l’Alibori, de l’Atacora et de la Donga. Face à la persistance du phénomène, le gouvernement béninois annonce un durcissement de la lutte contre l’exploitation des mineurs, à l’issue d’une rencontre organisée le mardi 13 octobre 2026 à Parakou.

La mendicité des enfants dans le nord du Bénin est désormais au cœur d’une volonté affichée de répression. Réunis à Parakou, des membres du gouvernement, des autorités administratives et judiciaires, des responsables religieux et traditionnels ainsi que des acteurs de la protection sociale ont appelé à une réponse plus ferme contre les pratiques qui exposent les mineurs à la rue.

À l’origine de cette mobilisation, un constat préoccupant présenté par la ministre de la Famille et de l’Action sociale, Véronique Tognifodé. Selon les données communiquées lors de la rencontre, 4 453 enfants en situation de rue et de mendicité ont été recensés dans les quatre départements concernés sur une période de près de sept ans.

La situation retient particulièrement l’attention à Kandi, Malanville et N’Dali. D’après Nadège Ahoga, directrice générale des Affaires sociales, de nombreux enfants en âge d’être scolarisés sont concernés. Les causes du phénomène sont notamment socio-économiques, socioculturelles et religieuses. Cette réalité compromet leurs droits fondamentaux et les expose à divers risques.

« Il est temps d’aller à la répression »

Pour les autorités, la sensibilisation ne suffit plus. Le préfet du Borgou, Abdoul-Chakour Assouma Naro, a appelé à une application rigoureuse des textes contre les personnes impliquées dans la mendicité et l’exploitation des enfants.

« De façon ferme, il est temps d’aller à la répression. C’est de la traite d’enfants. Ne soyez pas complices. Dénoncez », a-t-il déclaré, invitant les populations à signaler les faits. Il a également affirmé sa détermination à ne couvrir aucun acteur impliqué dans ces pratiques.

Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Djibril Mama Cissé, a soutenu cette orientation. « Nous avons fait assez de sensibilisation et il faut passer à la répression », a-t-il affirmé. Pour le ministre, l’exploitation économique des mineurs ne saurait être tolérée. « Chaque enfant qui se retrouve dans la rue est un échec pour notre société », a-t-il ajouté.

Un « Pacte de Parakou » pour mobiliser les communautés

Au-delà des mesures répressives annoncées, le gouvernement entend renforcer la coordination entre les différents acteurs concernés. Djibril Mama Cissé a ainsi proposé la mise en place d’un « Pacte de Parakou », qui réunirait les imams, les chefs religieux et traditionnels ainsi que les autres parties prenantes autour d’un engagement commun contre la mendicité des enfants.

Les responsables religieux et traditionnels présents ont, de leur côté, condamné cette pratique. Certains ont notamment dénoncé les agissements de maîtres coraniques qui exposeraient des enfants confiés à leur encadrement à la rue, au lieu de leur assurer une éducation. Les leaders religieux ont également rappelé que l’islam interdit la mendicité et appelé à une mobilisation collective.

Le substitut du procureur près le Tribunal de Parakou a, pour sa part, abordé les enjeux judiciaires du phénomène et exhorté les responsables religieux à intensifier la sensibilisation auprès des communautés.

Le ministre de la Décentralisation et de la Gouvernance locale, Janvier Yahouédéou, a également rappelé le rôle des communes dans la protection des personnes vulnérables. Il a proposé une évaluation des actions engagées dans six mois afin de mesurer les progrès réalisés.

Pour la ministre Véronique Tognifodé, la lutte contre la mendicité des enfants nécessite une mobilisation de tous : parents, autorités locales, responsables religieux et traditionnels et communautés. L’enjeu est désormais de traduire les engagements pris à Parakou en actions concrètes, afin de protéger les enfants et de sanctionner les pratiques qui les maintiennent dans la rue.

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