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Côte d’Ivoire: la France rend enfin le tambour sacré Djidji Ayôkwé spolié auprès de l’ethnie ébrié

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La France a officiellement restitué, vendredi 20 février 2026, le tambour parlant Djidji Ayôkwé à la Côte d’Ivoire, mettant fin à plus d’un siècle d’exil forcé. Spolié en 1916 durant la colonisation et conservé au Musée du quai Branly-Jacques Chirac, cet objet sacré a fait l’objet d’un transfert de propriété signé par les ministres de la Culture des deux pays, marquant une nouvelle étape dans le processus de réparation mémorielle engagé par Paris depuis 2017.

L’émotion était palpable dans les salles du musée parisien où reposait depuis des décennies le Djidji Ayôkwé. Long de quatre mètres et pesant 430 kilogrammes, ce tambour rituel, emblème du peuple ébrié, s’apprête à retrouver sa terre natale après 110 ans d’absence.

La signature de l’acte de transfert de propriété par la ministre française de la Culture, Rachida Dati, et son homologue ivoirienne, Françoise Remarck, consacre l’aboutissement d’un engagement pris par le président Emmanuel Macron en 2021. Le Parlement français a donné son feu vert en 2025, levant l’obstacle juridique lié au principe d’inaliénabilité des collections publiques.

« Cela fait 110 ans que le tambour parleur a quitté les siens. Il va enfin retrouver sa terre », s’est réjouie Françoise Remarck, saluant un moment de « réparation historique ». Une cérémonie nationale est annoncée à Abidjan d’ici l’été pour célébrer son retour.

Un symbole culturel et politique fort

Bien plus qu’un simple instrument, le Djidji Ayôkwé est un vecteur de mémoire et d’identité. Utilisé autrefois pour transmettre des messages rituels ou alerter les communautés, notamment lors des recrutements forcés sous l’administration coloniale, il incarne une part essentielle du patrimoine immatériel ivoirien.

Pour Paulin Claude Danho, vice-gouverneur d’Abidjan, « il est l’un des catalyseurs de notre culture ». Des autorités ivoiriennes de haut rang avaient fait le déplacement à Paris pour assister à la cérémonie, aux côtés de personnalités internationales comme Louise Mushikiwabo et Khaled El-Enany.

Le tambour, spolié en 1916 auprès de l’ethnie ébrié puis transféré en France en 1929, avait d’abord été exposé au musée du Trocadéro avant de rejoindre le Musée du quai Branly-Jacques Chirac. Son directeur, Emmanuel Kasarherou, a salué « la nouvelle vie » qui s’ouvre désormais pour l’œuvre.

Cette restitution constitue le premier élément d’une liste de 148 objets réclamés par la Côte d’Ivoire. Elle s’inscrit dans une dynamique amorcée par Paris en 2017, qui a déjà permis le retour des 26 trésors d’Abomey au Bénin ainsi que du sabre d’El Hadj Omar au Sénégal. Face aux demandes croissantes, le Sénat français a adopté fin janvier une loi-cadre destinée à faciliter la restitution des biens coloniaux, texte en attente d’examen par l’Assemblée nationale.

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